Les choses sérieuses reprennent

Ça fait un bon bout de temps que il n’y a pas eu de nouveaux articles sur le blog, mais avec l’été, le retour du soleil et les heures du basket qui s’annoncent, Basketball Moves repart de plus belle avec des nouveaux mouvements. On reprend les bonnes habitudes.

Des posts vont donc bientôt sortir de nouveau régulièrement, sur tous ce que les techniciens de la NBA nous ont pondu cette saison et pendant les playoffs. Y’a de quoi de faire !

En attendant, j’annonce la couleur en postant des vidéos et d’autres trucs sur ma page Facebook, n’hésitez pas à y faire un tour en attendant le retour des articles qui reviennent bientôt !

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[Vintage] Scottie Pippen Fastbreak Fake Pass

Par hasard, et aussi par nostalgie, je suis tombé sur Youtube sur un joli geste de Scottie Pippen lors du premier match de la Dream Team aux Jeux Olympiques de 1992, contre la Croatie. Est-ce vraiment utile de rappeler la domination exercée par Jordan, Magic Johnson, Bird, Barkley, David Robinson, Pat Ewing, Malone, Stockon et compagnie ? Pour le plaisir, voici les plus belles actions réalisées pendant les JO de Barcelone par la Team USA :

Les images sont claires : interceptions faciles et contre-attaques ultra rapides et spectaculaires. Le Hall of Fame aux JO. Nous allons nous intéresser plus particulièrement à l’action n°5 de Scottie Pippen à 2:22, qui a eu lieu lors du premier match des USA aux Jeux Olympiques, contre la Croatie. Toni Kukoč, qui deviendra en 1993 le coéquipier de Jordan et Pippen aux Bulls, se fait chiper la balle qui est renvoyée directement en attaque sur Pippen. Celui-ci va au bout et pendant qu’il prend ses deux derniers pas, il feinte la passe à Chris Mullin de façon magistrale.

Juste après son premier pas, il regarde les deux autres américains présents sur la contre-attaque et fait comme si il leur envoyait la balle. En fait, il lance simplement la balle sur place et la rattrape immédiatement sans stopper son élan pour finir. Le mouvement était convainquant, le défenseur y a cru et il est déjà trop tard, la balle passe le cercle.

Attention, c’est une feinte pas si évidente, malgré les apparences. Il ne faut pas se tromper dans les appuis, mais le plus dur est de faire une feinte déjà crédible et surtout contrôlable. Rater son shoot après une feinte comme ça, c’est frustrant et ridicule, alors bossez-le avant de le tenter, appliquez-vous sur le lancer de balle et vous pourrez épater tout le monde en contre-attaque.

Tony Parker Fake Spin

Nouvelle petite vidéo pour vous montrer un move de Tony Parker, encore lui. Cette fois, TP a frappé fort en mettant dans le vent Devin Harris du Jazz. Ce move a d’ailleurs été remarqué et s’est hissé à la 4ème place du Top 10 quotidien des meilleures actions de la nuit du 8 avril.

(Bravo à ceux qui auront reconnu la bande son : l’introduction du sublime "Balance toi" de Tony P…)

Comme je vous l’avais montré précédemment, Tony Parker a l’un des spin move les plus dévastateurs de la NBA. Il utilise souvent un reverse main droite pour attaquer le panier. Normal que Devin Harris se précipite à droite lorsque Tony Parker entame un spin vers la droite, le reverse classique, niveau Minimes. Sauf que Parker n’y va pas. Il pose un dribble vers la droite, alors qu’il arrête son mouvement pour repartir dans l’autre sens, et attaquer le panier. Derrick Favors revient bien, mais TP est trop rapide, et c’est dedans.

Le plus difficile dans ce move est de poser son dribble au bon moment. Trop tôt, la feinte est ratée. Trop tard, le premier spin est déjà trop entamé et revenir à gauche est plus difficile et surtout plus lent. Mais ce move est assez facile et plutôt sympa à réussir. Enjoy !

Chauncey Billups : Entre les jambes du défenseur

Aujourd’hui nous allons nous intéresser à un move, mais plus particulièrement à un joueur :

Chauncey Billups est un joueur d’exception. Sur le terrain, il est partout. C’est un excellent passeur, un très bon shooteur et un bon intercepteur. Après sa draft en 1997, il erre dans 4 équipes NBA en 5 saisons, avant de trouver sa place aux Detroit Pistons. Il contribue largement au titre remporté en 2004. Mais en 2008. Billups est transféré aux Denver Nuggets. Les Pistons récupèrent un Allen Iverson irrégulier, voire mauvais, tout en perdant l’âme de leur équipe. Les Nuggets étaient la risée de la ligue, réputés justement pour leur défense désastreuse et leurs attaques improbables. Carmelo Anthony et Allen Iverson mettaient plus de 25 points par match, pour rien et sans aucun esprit collectif.

Quand Chauncey Billups est arrivé, tout a changé. L’équipe connaît l’un des meilleurs progrès de l’histoire de la NBA. On parle de miracle dans le Colorado. Billups apportent avec lui son shoot, son expérience, son leadership incroyable et surtout : une façon de jouer. Les Nuggets apprennent à défendre, et ça marche. Les Denver Nuggets s’étaient fait "sweepé" (4-0) aux premier tour des Playoffs 2008. En 2009, ils retrouvent les mêmes Lakers en Finale de Conférence, et ratent les Finals de peu (4-3), faute d’expérience. Au cours de la saison 2010, Billups est une nouvelle fois transféré aux New York Knicks, qui viennent de construire un "Big Three" plus qu’intéressant composé de "Mr. Big Shot", Carmelo Anthony et Amar’e Stoudemire. L’équipe fonctionne et New York commence (enfin) à gagner. Mais…

La nouvelle est tombée aujourd’hui : Chauncey Billups a été coupé par les Knicks. Les mêmes Knicks qui promettaient des Playoffs et même des titres à Billups. Les mêmes qui ont dû le remercier mille fois pour sa performance contre Miami, notamment ce shoot, sur la tête de Dwayne Wade, qui a pourtant très bien défendu :

Aujourd’hui, nous allons donc voir un move de celui que les dirigeants de New York peuvent se féliciter d’avoir perdu :

Cette action provient du premier match (!) de Chauncey Billups à New York. Nous allons la découper en 2 parties :

1 : Le dribble dans le dos

Billups commence par essayer ou feinter de driver à gauche. Mais son défenseur lui ferme totalement le côté gauche. Il enchaîne alors immédiatement avec un dribble dans le dos de la main gauche vers la droite, tout en s’avançant. Le défenseur qui était collé à lui sur la gauche ne peut plus rien faire.

Pour réussir ce type de dribble, pas de secrets, il faut s’entraîner, et des deux mains : Billups est droitier mais il a su sur cette action faire ce dribble main gauche quand il en a eu l’opportunité.

2 : Le dribble entre les jambes du défenseur

Certains diront qu’il a eu beaucoup de chance, d’autres vous diront qu’il n’aurait rien pu faire sans sa maîtrise exceptionnelle du dribble. Les deux théories sont certainement vraies.

Quand Billups passe le défenseur, le Buck Carlos Delfino se précipite sur la balle. Par miracle, Billups touche la balle au dernier moment pour diriger sa trajectoire dans le seul espace libre : entre les jambes de Delfino. Il parvient ensuite à conserver la balle, et même à rentrer le shoot, avec la faute s’il vous plaît.

Cette action est une succession d’opportunités que Billups a su saisir avec brio.

Le dribble entre les jambes du défenseur est possible dans deux situations :

  • Comme ici, dans une action rapide où le défenseur ne travaille pas bien ses appuis et où l’attaquant profite de sa vitesse et de l’effet de surprise. On l’observe d’ailleurs le plus souvent sur contre-attaque, quand l’adversaire est en repli défensif.
  • Il est aussi possible de le faire en jeu posé en 1 contre 1. C’est alors beaucoup plus difficile et audacieux. Ce dribble sera alors la conclusion d’une ou plusieurs feintes. On l’observe alors surtout en street ou dans des ligues d’été, des All Star Game, et autres matches type lock-out. Il faut feinter son défenseur, lui faire perdre ses appuis et remplacer le départ vers le panier simple (drive) par un départ où le premier dribble est posé entre les jambes. La préparation de ce dernier dribble est plus difficile que le dribble lui-même. Le dribble entre les jambes demande "simplement" d’avoir un bon dribble.

Voici un exemple de dribble entre les jambes en 1 contre 1, par Brandon Jennings, qui a squatté les ligues d’été pendant le lock-out.